Union douanière UE–Turquie et déséquilibre commercial
- Hakan Doğu

- il y a 7 heures
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L’Union douanière entre l’Union européenne et la Turquie oblige la Turquie à appliquer le Tarif douanier commun de l’UE. Cette structure impose à la Turquie de s’aligner automatiquement sur les accords de libre-échange conclus par l’UE avec des pays tiers, sans que le principe de réciprocité soit systématiquement garanti. Lorsqu’un accord de libre-échange est signé par l’Union européenne, la Turquie est tenue de réduire ses droits de douane vis-à-vis du pays concerné.
Cependant, ce mécanisme fonctionne de manière unilatérale. Par exemple, lorsque l’UE conclut un accord de libre-échange avec l’Inde, la Turquie doit abaisser ses tarifs douaniers sur les produits indiens, tandis que l’Inde n’a aucune obligation d’accorder les mêmes avantages à la Turquie. Cette asymétrie crée un désavantage concurrentiel important pour la Turquie.
L’un des principaux bénéficiaires de ce système est le secteur automobile européen. Les droits de douane sur les automobiles sont d’abord réduits de 110 % à 35 %, puis abaissés à 10 %. Cette évolution offre aux constructeurs automobiles européens un avantage considérable sur le marché turc.
Par ailleurs, l’absence de normes européennes en matière d’émissions et des exigences de sécurité plus souples que celles de l’UE permettent l’entrée de produits compétitifs par l’exportation, suivie d’une production locale. Dans un marché fermé à la Chine, cet environnement protectionniste est exploité, avec un quota annuel de 250 000 véhicules, comprenant 160 000 véhicules à moteur thermique et 90 000 véhicules électriques.
Un accord similaire a également été conclu avec le Mercosur. Ce bloc économique sud-américain, composé de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay, constitue un autre exemple de la stratégie commerciale mondiale de l’UE. Le Venezuela est actuellement suspendu de ce groupement.
L’Union européenne justifie souvent le non-renouvellement de l’Union douanière par la question de Chypre du Sud. Toutefois, le véritable problème réside dans certains États membres de l’UE qui se retranchent derrière Chypre du Sud, forte d’un million d’habitants, pour bloquer le processus.
Dans le contexte des nouvelles évolutions géopolitiques, l’UE et la Turquie devront soit trouver un moyen de coopérer plus étroitement, soit emprunter des chemins totalement distincts. La force capable de pousser cette dynamique vers une solution est la Turquie, car l’équilibre actuel joue clairement en faveur de l’Union européenne.

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